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Les étudiants de la HEP-VS fréquentent l’institution de l’autre partie linguistique durant un semestre, ils suivent les différents cours à Brigue ou à Saint-Maurice et effectuent un stage (durant les semestres 2, 3 ou 4) en immersion totale. Une formation intitulée «Culture et langue» accompagne ce «séjour» de six mois. Les différences entre les deux cultures sont régulièrement abordées durant les jours de rencontre et d’échanges. Fruit d’un enrichissement réciproque, les étudiants ont observé des différences de culture d’enseignement dans les établissements qu’ils ont fréquentés; ils vous les livrent ici, en toute simplicité.

 

  Dessin Haut Valais cycle1 2    Dessin Bas Valais cycle1 2

 


 

Nous partîmes 500; mais, par un prompt renfort, nous nous vîmes 33 en arrivant au port. Brigue. Au fond de la vallée, nous pensions découvrir un Valais oublié par l'autoroute et le temps. Apportons quelques lumières à ce fond de vallée, qui n'en a plus vues depuis Stockalper. «Connaissez-vous l'éducation?», demandons-nous à un badaud. «Ja, genau! Etes-vous les éducateurs du Bas?» «Oui da, badaud! » répondons-nous d'une seule voix. «Montrez-nous l’école!» Il nous indique poliment une colline d'où semble s'élever une bâtisse de pierres, près du palais du grand Stockalper. Nous gravissons la colline, puis débouchons sur une cour d’école remplie d’enfants et là, stupeur ! de la joie courait partout. On y chantait, on grimpait sur les murs, se lançait la balle. Et, nouvelle stupeur! des enseignants riaient!

 

Pourquoi le modèle d’enseignement frontal est-il prédominant dans la culture scolaire du Bas-Valais?

Nous ne pouvons pas affirmer que dans chaque classe les cours sont donnés de manière frontale. Pourtant, beaucoup d’étudiants bas-valaisans déclarent user volontiers du modèle frontal pour plusieurs raisons. D’abord, habitués à des cours frontaux depuis le début de leur scolarité, ils reproduisent ce schéma familier. Ils pensent également avoir un sentiment de contrôle sur les élèves et de stabilité plus importante lorsqu’ils «donnent» un cours. Cependant, les cours dispensés à la HEP préparent ardemment la génération suivante à ouvrir ses horizons et à varier sa pratique.

Dans le Haut-Valais, l’enseignant semble souvent adopter une posture de lâcher-prise. Culturellement, la représentation de l’enfant semble être différente dans le Haut. L’enfant est capable et on lui fait plus confiance.

 

Quelle est la différence entre le style d’enseignement dans le Haut et dans le Bas-Valais?

Nous avons remarqué une autre différence lors de notre stage. En effet, dans le Haut-Valais, le socioconstructivisme est davantage présent lors des séquences d’enseignement alors que dans le Bas-Valais, le transmissif est plus présent. Les deux parties du Valais varient donc les modes d’enseignement mais à des fréquences différentes.

 

Quelle est la différence à l’égard de la relation élève-enseignant (élève-enseignante) entre le Haut et le Bas-Valais?

Une des différences marquantes pour nous durant notre stage a été la relation entre les élèves et l’enseignant. En effet, dans le Bas-Valais, il y a une plus grande distance entre les élèves et l’enseignant, contrairement au Haut-Valais où cette distance est moins importante. Dans le Haut-Valais, la hiérarchie est perçue différemment. L’enseignant est moins en supériorité par rapport aux élèves. Le système est différent. La relation entre les élèves et l’enseignant doit être respectueuse sans instaurer une trop grande distance entre eux. Dans le Bas-Valais, cette relation respectueuse est également importante mais elle est parfois plus distante. En effet, le maintien de cette distance peut aider à garder un certain contrôle.

 

Le fait de nommer et catégoriser les troubles des élèves, à la manière bas-valaisanne, porte-t-il mieux ses fruits?

Ne pas pointer les élèves du doigt permet de mieux les intégrer. Toutefois, nous pensons que le plus important est de prendre en compte la personnalité de l’élève ainsi que son ressenti. L’essentiel est qu’il se sente bien à l’école et dans le groupe classe, c’est pourquoi l’enseignant qui connaît ses élèves peut choisir ou non de nommer le diagnostic.

 

La plupart des élèves du Haut-Valais vont à la messe sur le temps scolaire. Pourquoi est-ce que les traditions religieuses semblent prendre autant de place dans le Haut Valais?

Les petits villages du Haut-Valais semblent avoir gardé un sentiment communautaire très important, portant fièrement leurs traditions. Le nombre important de centres scolaires de petite taille, et leur présence dans la plupart des communautés, accentuent la transmission de ces valeurs intergénérationnelles. Plusieurs villages périurbain bas-valaisans présentent le même attachement aux traditions. Il semblerait que la différence ne soit pas pleinement culturelle mais sociale, différence existant principalement entre les milieux urbains et ruraux.

Nous pensons également que la messe ne fait plus partie du programme scolaire à cause de la grande diversité au sein des classes. En effet, beaucoup d’élèves, si ce n’est la majorité d’entre eux, ne sont pas catholiques. Il est donc illogique de leur imposer un moment religieux typiquement catholique et qui ne fait donc pas partie de leur religion et de leur culture.

Etudiants de la HEP-VS


 

Les étudiants en semestre d’échange en automne 2019 vous ont livré quelques-unes de leurs réflexions. Certaines différences relevées peuvent sembler anodines, cependant ce sont les éléments rapportés par les futurs enseignants, tels qu’ils les ont perçus. Dès lors, que vont-ils faire de leurs observations, quelle est la prochaine étape maintenant qu’ils ont observé, identifié ces différences? Vont-ils les intégrer dans leur pratique et enrichir ainsi leur culture d’enseignement?

Sandra Schneider, en charge de la mobilité à la HEP-VS

 

             


 

pdf Article paru dans Résonances

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