CP Veronique Chervaz 

Véronique Chervaz, enseignante de français au CO de Vouvry

 

A distance il s’avère plus facile pour certains élèves de développer leurs compétences à l’oral.


 

Au cycle 3 à Vouvry, comment se déroule l’école à distance? Véronique Chervaz, nous dévoile sa perception de la situation. 

 

Véronique Chervaz, enseignante de français au CO de Vouvry

Frédéric Debons, enseignant d’anglais et d’histoire de l’art à l’ECCG (Ecole de commerce et de culture générale) de Martigny, est très actif sur Linkedin et ses commentaires posent souvent des questions fort intéressantes sur l’école, son rôle et ses valeurs. Une maturité scientifique, des études universitaires en lettres, mais aussi un passé d’ancien footballeur professionnel (FC Sion) et une passion pour le domaine des arts: voilà pour le portrait de Frédéric Debons en bref que nous avions interviewé en 2017 .


 

Comment gérez-vous la continuité pédagogique?

Au CO de Vouvry, une grille avec cinq périodes de cours par jour a été mise en place, en incluant les temps de correction. En français, on a une heure quotidienne avec nos élèves, estimant qu’il était assez peu porteur de regrouper les périodes. Ce que nous essayons de faire, c’est de varier les activités et les supports que nous leur proposons, de façon à ce qu’ils n’aient pas seulement des exercices à faire, ce qui serait vite rébarbatif. Certains de mes collègues font les cours en visioconférence, ce que je ne fais pas encore. Pour ma part, j’en appelle quelques-uns par vidéo pendant les cours. Et les élèves doivent envoyer régulièrement, sous forme écrite le plus souvent, mais aussi au format audio, de leurs nouvelles. L’important, c’est de garder le lien.

 

Comment percevez-vous cette école à distance?

Selon les retours des élèves, ce qui est mis en place pour ce travail scolaire à distance semble assez bien fonctionner et certains sont contents d’avoir ce rythme, car autrement ils s’ennuieraient. La Direction nous a demandé de sonder également les parents. Il y a deux difficultés qui apparaissent, à savoir le partage de l’ordinateur pas toujours compatible avec le télétravail et quelques familles qui se sentent débordées. Sachant que cette situation d’école à la maison peut vite devenir source de tensions, pour celles qui le désirent, nous allons mettre en place un coaching plus personnalisé afin d’aider leurs enfants au niveau des méthodes de travail. Apprendre ainsi à distance est peut-être plus facile pour les élèves en niveau 1, cependant ceux en niveau 2 s’en sortent très bien. Je suis par contre plus inquiète pour les élèves qui cherchent des places d’apprentissage, car les entreprises, en proie aux incertitudes, hésitent à recruter.

 

L’école devrait-elle intégrer certains enseignements de cette période particulière?

Ce que j’ai pu constater, c’est qu’à distance il s’avère plus facile pour certains élèves de développer leurs compétences à l’oral, du fait qu’ils sont plus en confiance sans le regard de leurs camarades. Mes cours à distance sont aussi davantage ancrés dans la réalité, avec plus d’activités liées aux médias par exemple, et j’ai l’impression que cela améliore l’autonomie et le regard critique en classe. Ce seraient des leviers intéressants à transposer.

  

Propos recueillis par Nadia Revaz


 

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