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RdR

Les trois déléguées rencontrées à la Médiathèque Valais


 

 

Le Roman des Romands a fait halte à la Médiathèque à Sion

Le Roman des Romands (RdR), prix littéraire dont le but est de promouvoir la littérature contemporaine de Suisse romande et de favoriser le lien entre les auteurs et les jeunes du secondaire 2 général et professionnel de toute la Suisse, en est à sa 11e édition. Ce prix, soutenu par l’Office fédéral de la culture pour son engagement dans la défense de la littérature romande et son rôle de passeur culturel, a été créé par Fabienne Althaus Humerose en 2009. Outre les visites des auteurs dans les classes, deux grands débats ont été organisés, le second s’étant déroulé le 13 janvier dernier à la Médiathèque Valais de Sion. Le 31 janvier à Neuchâtel, le prix RdR, financé par la Fondation Francis et Marie-France Minkoff, a été remis à Matthieu Mégevand pour La bonne vie (Ed. Flammarion).

 

« 650 élèves ont participé à la 11e édition du Roman des Romands. »

 

Pour cette édition 2019-2020, les 650 élèves participant au Roman des Romands, que l’on pourrait comparer au Goncourt des lycéens en France, ont été invités à lire les six romans sélectionnés par le comité de lecture (cf. encadré). Entre septembre et décembre, chaque classe a reçu la visite de plusieurs auteurs (Bruno Pellegrino et Marie-Jeanne Urech pour la classe de Fabienne Ducrey au Lycée-Collège de la Planta à Sion). En novembre, 62 délégués avec les enseignants impliqués dans le projet ont rencontré les six auteurs de la sélection au Collège Saint-Michel à Fribourg. Lors du deuxième grand débat mis sur pied le 13 janvier dernier, 62 délégués représentant 31 classes ont débattu pour élire le roman lauréat à la Médiathèque Valais de Sion, pendant que les enseignants échangeaient sur le bilan pédagogique de cette aventure.

 

Lors d’un bref échange avec les uns et les autres, on comprend vite que les avantages liés à la participation à ce prix sont multiples.


 

Du côté professoral et organisationnel

Ariane Ledermann et Carine Corajoud, toutes deux enseignantes à Morges, ainsi que Djamila D’Incà, enseignante à Carouge, estiment que ce projet leur a permis de sortir de la routine scolaire, en testant d’autres approches pédagogiques autour de la littérature. Elles ont apprécié les rencontres avec les auteurs, mais aussi les moments de partage avec leurs collègues en provenance de toute la Suisse.

Le RdR n’est pas réservé aux classes francophones et c’est là un autre intérêt de la démarche. Hélène Trépanier, enseignante au Lycée cantonal à Locarno, participe à sa 6e édition du RdR, avec des élèves de 17-18 ans. « Comme le français n’est pas leur langue maternelle, le Roman des Romands a aménagé une formule spéciale, avec principalement une connaissance des œuvres par extraits », explique la professeure. Et elle ajoute : « Avec cette expérience motivante pour apprendre le français, les élèves font des progrès énormes, tant au niveau de la lecture que de la compréhension ou de l’expression orale, même si au début ils sont craintifs en découvrant les premières pages à lire pour pouvoir en débattre ». Hélène Trépanier souligne également que le RdR est aussi une belle occasion d’être en contact avec la Suisse romande.

Pour que le RdR soit réussi, cela exige une sacrée organisation et ce n’est pas Marianne Dyens qui dira le contraire. Cette ex-enseignante a commencé à participer à la 1re édition du RdR avec une classe, avant de faire partie du comité de lecture pendant deux ans, puis de devenir membre du comité d’organisation. Elle évoque le plus beau des retours sur investissement : « Ce qui est formidable, c’est que chaque année quelques jeunes viennent nous dire lors de la cérémonie de remise du prix qu’ils ont pris goût à la lecture avec le Roman des Romands. »


 

Comment percevez-vous cette école à distance?

Luna, du gymnase Provence à Lausanne, Elodie, du gymnase de Marcelin à Morges, et Katia, du collège Rousseau à Genève, sont heureuses de leur participation au RdR. Pour elles, pouvoir rencontrer des auteurs « vivants » était nouveau et pouvoir les questionner enrichissant pour mieux comprendre leur univers. Chaque roman sélectionné étant très différent, elles peinent à parler de littérature romande, au-delà de quelques expressions régionales. Désormais, elles sont quasiment expertes des six auteurs dont elles n’avaient jamais entendu le nom avant le RdR. Elles notent toutefois que certains élèves n’étaient pas autant motivés qu’elles à lire tous les romans et que proposer d’autres activités autour des livres avec la classe aurait peut-être pu dynamiser davantage les cours.


 

Interview de Fabienne Althaus Humerose

Fabienne Althaus Humerose, désormais ex-enseignante, rédige en 2009 le projet du Roman des Romands, convaincue que ce pourrait être enrichissant pour les élèves, les profs et les écrivains.

 

Hormis l’ouverture du RdR aux classes où le français est appris en langue seconde, quelles ont été les évolutions majeures depuis 2009 ?

Au début, nous n’organisions pas de grand débat avec les auteurs de la sélection. L’offre s’est également étoffée avec des ateliers de traduction littéraire. Cette démarche, via des exercices pratiques, sensibilise les élèves à la question du style. Et l’année passée, pour marquer la 10e édition, nous avons publié Quand j’avais 17 ans, anthologie reprenant 71 textes écrits par les auteurs ayant participé à l’aventure RdR depuis 2009.

 

En lançant le RdR en 2009, imaginiez-vous un tel essor ?

Je pensais que l’initiative serait porteuse, mais ne concernerait qu’une poignée de professeurs intéressés et que d’une édition à l’autre, ce serait donc à chaque fois un peu les mêmes, alors que ce n’est pas le cas. Cette année, il y a beaucoup de nouveaux enseignants, pas forcément des débutants, toutefois cela peut se comprendre car il faut un peu d’expérience pour oser sortir du cadre même si l’on n’en sort pas vraiment, étant donné que les lectures proposées aux élèves sont exigeantes. En participant au Roman des Romands, les profs relèvent un défi en acceptant d’avancer avec leurs élèves en terre inconnue, sans pouvoir se référer à toute une documentation, comme il est possible de le faire pour les auteurs classiques. Ensemble, ils doivent élaborer leurs critères d’analyse, ce qui permet aux élèves de développer leur esprit critique et d’être plus participatifs.

 

Qui choisit les livres retenus pour la sélection annuelle ?

Le comité de lecture que nous recrutons est totalement indépendant et regroupe selon les années des libraires, des journalistes littéraires, des doctorants et parfois un prof ou un auteur. Ces sept personnes, qui viennent de cantons différents, reçoivent environ 75 livres des maisons d’édition par année, à partir desquels ils déterminent leur sélection, selon leurs critères, mais en offrant toutefois une variété de styles.

 

Propos recueillis par Nadia Revaz


 

RdR bonne vie RdR dechirures RdR janvier RdR jours meilleurs RdR La bas RdR Terre tremblante

Roman des Romands

 

Sélection 2019-2020

  • Julien Bouissoux pour Janvier (Ed. de l’Olivier)
  • Sylviane Chatelain pour Déchirures (Bernard Campiche Ed.)
  • Marie Houriet pour Des jours meilleurs (Ed. de l’Aire)
  • Matthieu Mégevand pour La bonne vie (Ed. Flammarion)
  • Bruno Pellegrino pour Là-bas, août est un mois d’automne (Ed. Zoé)
  • Marie-Jeanne Urech, pour La Terre tremblante (Hélice Hélas Ed.)

 

worldSite Roman des romands avec sélection 2020-2021

 

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