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CREPA couverture

 

Le Centre régional d’études des populations alpines, basé à Sembrancher, en collaboration avec le Foyer de jour de Chantovent de Martigny, souhaitait donner un autre visage à la vieillesse et ce projet a pu s’inscrire dans le cadre du programme «L’enfant à l’écoute de son village», initié par le CREPA en 1992. Ces regards croisés sur la vieillesse ont réuni douze classes de la région , s’élargissant jusqu’à Martigny. Les élèves ont travaillé durant l'année scolaire 2016-2017 sur la perception de la personne âgée. Il y a d’abord eu une exposition qui a sillonné le Valais romand entre 2017 et 2018 , et il y a ce livre publié en 2020 conservant la trace du projet, tout en l’enrichissant.

 

Les grands-parents qui ont reçu la classe chez eux pour les interviews nous ont accueillis comme des rois.

- Sarah Bourgeois, enseignante à Finhaut

 

Revenons à la genèse de cette collaboration interinstitutionnelle. Le jour où Aude Brouchoud et Marie-Jo Nanchen, du foyer de Chantovent, ont proposé un partenariat autour d’un projet intergénérationnel, le CREPA ne pouvait qu’accepter. «Nous avions mis momentanément de côté le programme “L’enfant à l’écoute de son village” lorsque nous avons été sollicités en même temps par la Société des apiculteurs d’Entremont et le Foyer de Chantovent de Martigny», se souvient Jean-Charles Fellay, secrétaire du CREPA. Il relève que le premier projet s’est décliné en une collaboration avec l’Abeille en fête, via une grille thématique  et que le second est allé plus loin, en prenant d’abord la forme d’une exposition. Le secrétaire du CREPA évoque l’itinérance de ce projet: «Après un vernissage à l’Ecole Club Migros de Martigny située à côté du Foyer de jour de Chantovent, l’exposition a ensuite fait halte à la HES de Sierre, à l’EMS de Fully puis au CO de Bagnes et enfin à la bibliothèque de Salvan.»

 

CREPA dessin Quentin

 Résultat d’un atelier tricotage entre élèves et personnes âgées de Chantovent

 

Pour la publication, le CREPA a confié à l’animatrice socioculturelle Fabienne Lepori la mission de donner une unité au corpus hétéroclite récolté. Elle a ainsi imaginé un fil rouge sous la forme d’un dialogue imaginaire entre un enfant et une personne âgée. «J’ai d’abord inventorié l’existant, tout particulièrement les productions des élèves et les témoignages des aînés, pour ensuite mettre le tout en lien», explique-t-elle. Dans cet ouvrage, on retrouve l’ADN du CREPA, à savoir un éclairage de spécialistes de la thématique venant compléter les dessins et les textes des élèves, même si le projet est cette fois davantage créatif que scientifique. Fabienne Lepori a trouvé le regard des enfants parfois très amusant et éloigné des clichés: «Dans le livre, il y a de jolis clins d’œil qui montrent bien que tout est question de perspective, comme cet enfant qui relève que le dimanche quand il rend visite à son grand-père en EMS, ce dernier a bien de la chance car lui ne doit pas ensuite aller se promener.»

CREPA livre p40

Texte et dessin de Sofia - 4H Martigny

 

Parmi les enseignantes qui témoignent dans la publication, il y a notamment Sarah Bourgeois, titulaire d’une classe à quatre degrés (5-8H) à Finhaut. Contactée, elle raconte avec enthousiasme comment ses élèves ont croisé leurs regards avec ceux des aînés. «C’était une initiative qui permettait d’entrer dans plusieurs domaines du PER en même temps, tout en étant parfaitement adaptée à tous les degrés, puisque les plus jeunes avaient autant d’idées que les plus grands», commence-t-elle par résumer. Elle souligne que ses élèves ont ainsi atteint beaucoup d’objectifs d’apprentissage sans avoir l’impression de travailler, ajoutant qu’elle aussi a apprécié cette entrée multidisciplinaire dans la thématique. Ses élèves ont interviewé leurs grands-parents ou des grands-parents de substitution et certains, plutôt que de venir à l’école, ont invité la classe à la maison. Des rencontres magiques que l’enseignante évoque avec émotion: «Les grands-parents qui ont reçu la classe chez eux pour les interviews nous ont accueillis comme des rois et nous avons ainsi été invités à plusieurs goûters, avec des petits sirops pour les enfants et du café pour les adultes.» Certains liens intergénérationnels se sont tissés et d’autres se sont renforcés grâce à cette jolie aventure. De plus, ses élèves étaient ensuite attentifs dès qu’ils voyaient le CREPA cité dans les journaux, car pour lancer le projet l’enseignante avait invité dans sa classe la coordinatrice pour leur parler de la démarche, de façon à leur offrir un point de vue de spécialiste, complémentaire au sien.

L’ouvrage est accompagné par un cahier d’activités destiné aux familles afin de personnaliser la réflexion. Quant aux enseignants, même si ce projet est terminé, ils peuvent en explorer la thématique avec leurs élèves, en s’aidant de la grille élaborée en annexe mais aussi de l’ensemble de la publication du CREPA  . Les enseignants ayant des élèves entre 10 et 12 ans peuvent encore prolonger ce sujet de société en participant au prix Chronos , fruit d’une collaboration entre Pro Senectute et Pro Juventute.

 


Eclairage sociologique

«Et puis, Bernard, je tiens à te le dire: “Nous, les grands-parents, nous sommes pour la plupart encore bien vivants, actifs et compétents, porteurs d'un projet personnel orienté vers le long terme. Nous, les grands-parents d'aujourd'hui et de demain, devons assumer un rôle déterminant dans l'organisation des systèmes familiaux à trois et quatre générations. Nous aspirons bien sûr à l'autonomie, mais nous sommes plus souvent prêts à offrir des services significatifs, voire très intenses. […]»

Extrait de «Mon grand-père m’a tout raconté» de Jean-Pierre Fragnière, sociologue

 


Pour en savoir plus

L’enfant à l’écoute de son village

Les films de Gaël Métroz

Entretiens sonores

 


 

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