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Sorniot Fred Gilles 1 

Frédéric Carron et Gilles Carron: les deux compères en version Top Chef

 

Evoquer la colonie de Sorniot, située au-dessus de Fully, et le projet d’une nouvelle construction (colo 2022) peut paraître décalé dans Résonances. Mais pas tant que cela, sachant que nous avons interviewé Frédéric Carron, enseignant à Sembrancher et adjoint de direction à l’ERVEO (Ecole régionale de la Vallée d’Entremont), ainsi que Gilles Carron, conseiller pédagogique des arrondissements 1 et 2 et coordinateur pour la scolarisation des élèves du Valais romand à l’Office de l’enseignement spécialisé. Et le décalage est encore moins grand qu’il n’y paraît puisqu’ils évoquent leur approche pédagogique liée à l’Ecole normale et à leur expérience de moniteurs puis de responsables la colo de Sorniot.

 

Le pédagogique nourrissait le ludique et vice-versa.

- Frédéric Carron

 

Grâce à cette double expérience, nous avons très vite privilégié la pédagogie de projet.

- Gilles Carron

 

Tous ceux qui connaissent bien Frédéric Carron et/ou Gilles Carron ont assurément entendu parler de leur «vie parallèle» à la colonie paroissiale de Sorniot. Ce lieu, situé à plus de 2000 mètres d’altitude et accessible uniquement à pied, accueille des «colons» de la 3H à la 10H.

Sorniot projet 2022

 Le projet 2022 de la colonie de Sorniot

 

Quand avez-vous croisé le chemin de la colonie de Sorniot?

Gilles Carron: Enfant, cela a été le lieu de mes vacances. Après une interruption de plusieurs années suite à un accident, j’y suis retourné en tant que moniteur.

Frédéric Carron: Pour ma part, j’ai directement été moniteur durant l’été pendant deux semaines dès l’âge de 15 ans.

 

A quel moment avez-vous été responsables de la colonie?

Frédéric Carron: J’ai été moniteur deux ou trois années et après, avec Gilles, nous avons repris la colo en tant que responsables. C’était un job de sept semaines chaque été.

Gilles Carron: Toi ,tu avais juste 18 ans et moi j’en avais 16..

Frédéric Carron: Je n’étais même pas majeur, car dans ces années-là on l’était à 20 ans seulement.

 

Si jeunes, et on a vous a confié tout naturellement cette responsabilité…

Frédéric Carron: Après les sœurs Ursulines, c’est une enseignante, Anita Roduit, qui avait repris le flambeau. Lorsqu’elle a décidé d’arrêter, nous ne voulions pas que cette belle aventure se termine.

Gilles Carron: Nous avons été pris au sérieux, mais c’était une autre époque. Pour moi, cet engagement était aussi une manière de fuir le travail à la vigne.

 

Avez-vous toujours été responsables de la colonie depuis lors?

Gilles Carron: Après une pause liée à nos vies de famille respectives, nous sommes repartis pour de nouvelles aventures en 2009 avec un comité qui pense la colonie sur la durée afin de faciliter la transmission à nos successeurs.

Frédéric Carron: Pour éviter une fermeture, nous avons décidé de nous engager à nouveau, mais nos rôles ont évolué. Désormais, nous œuvrons en cuisine.

 

Le plaisir de la colonie a-t-il été vite retrouvé?

Gilles Carron: A peine avions-nous ouvert la porte que nous avons eu l’impression de ne jamais être partis.

Frédéric Carron: Gilles, je crois que nous sommes un peu fous, de vrais gamins. Comme Astérix, nous sommes vraisemblablement tombés dans la marmite.

 

Comment vous organisez-vous en cuisine?

Frédéric Carron: Je me débrouille pour faire une cuisine simple, mais la première année, après une semaine, au fourneau tous les jours de 5h du matin à minuit, je n’en pouvais plus, car c’est sportif de préparer à manger pour cinquante bouches.

Gilles Carron: Nous faisons en même temps l’animation en cuisine et moi je m’occupe surtout de la vaisselle.

 

Travailler à la colo après une année d’enseignement, n’est-ce point épuisant?

Frédéric Carron: Bien au contraire. Même si nous continuons l’hiver à préparer l’été, sur place nous n’y allons qu’une semaine, mais ce temps m’apporte ma dose «anti-dépression» pour tout le reste de l’année.

Gilles Carron: Je suis d’accord, on peut parler d’un effet thérapeutique.

 

Votre parcours parallèle à la colonie a-t-il joué un rôle au niveau de votre envie de devenir enseignant?

Frédéric Carron: Ce que j’apprenais d’un côté, je l’utilisais de l’autre. Le pédagogique nourrissait le ludique et vice-versa.

Gilles Carron: Grâce à cette double expérience, nous avons très vite privilégié la pédagogie de projet.

 

Au fil des ans, qu’avez-vous appris à la colonie qui est transposable en classe?

Gilles Carron: A faire confiance.

Frédéric Carron: Oui, mais aussi à savoir lâcher prise.

Gilles Carron: Les jeunes n’ont pas la même vision que nous et c’est important de se le rappeler. Il faut certes avoir des exigences, mais les enfants doivent repartir avec de bons souvenirs de ces moments de partage à la colo.

 

La fréquentation est-elle toujours au rendez-vous?

Frédéric Carron: Depuis 1932, même s’il y a eu des périodes d’essoufflement, toutes les éditions ont eu lieu. Les inscriptions sont ouvertes en ligne le 12 avril à 12h12 et en dix minutes c’est complet. Nous avons coutume de dire que la colonie se remplit plus vite que le Paléo.

Gilles Carron: Il faut dire qu’en dehors des journées Passeport Vacances, il n’y a guère d’offre dans la région, aussi la colonie répond à un vrai besoin.

 

Est-il facile de trouver des moniteurs? Et quel profil ont-ils?

Gilles Carron: Une fois aux études, en apprentissage ou en entreprise, certains anciens colons sont motivés à devenir moniteurs.

Frédéric Carron: C’est cette diversité des profils des moniteurs qui est intéressante. Aujourd’hui, ils doivent être majeurs et suivre une formation assez large, avec des intervenants qui varient selon les années.

 

Les étudiants de la HEP-VS peuvent-ils devenir moniteurs à la colo de Sorniot?

Gilles Carron: Les enseignants en formation sont bienvenus, car c’est une expérience qui outille concrètement au développement des capacités transversales, ce qui leur facilitera ensuite la tâche en classe.

Frédéric Carron: Les moniteurs se situent exclusivement au niveau des apprentissages transversaux, sans s’occuper d’évaluation, ce qui permet aux futurs enseignants de travailler hors du cadre scolaire, avec un autre lien avec les enfants. Le vivre ensemble est pratiqué 24h sur 24, ce qui aide à sa mise en œuvre en classe.

 

En deux mots, en quoi consiste le projet mis en place pour lequel vous avez lancé un appel à dons?

Frédéric Carron: Jusqu’à présent, le bâtiment a connu des rajouts, mais là il s’agit de tout démolir pour tout reconstruire.

Gilles Carron: L’objectif est d’avoir un espace répondant aux normes en vigueur et s’inscrivant dans une démarche de développement durable. Nous espérons récolter l’argent nécessaire pour mener à bien ce projet.

  


Pour en savoir plus

Site de la colonie de Sorniot

 


 

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