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Dorian Liaci2

Dorian Liaci, élève en 11CO

 

Dorian Liaci a effectué son école primaire à Martigny et il est actuellement élève en 11e année dans la même ville, au CO d’Octodure. Même s’il est en niveau 1 partout et qu’il envisage d’étudier au collège, dans sa vision argumentée de l’école idéale, il englobe tous les élèves, dont ceux qui sont moins scolaires.

 

Nous devrions avoir du temps à l’école pour aborder ce qui touche à l’actualité.

 

Avec le recul, quels étaient les points forts de l’école jusqu’à la 8H?

A l’école primaire, on a moins d’enseignants et c’est positif, étant donné qu’on crée plus de liens avec eux. J’ai vraiment un très bon souvenir de la 7H et de la 8H.

 

Est-ce que cela signifie que la dimension relationnelle est de moindre qualité au CO?

Inévitablement, car au CO on a plus de profs et donc peu de relations directes avec eux. Du coup, comme c’est moins convivial, on perd un peu l’envie d’aller à l’école, d’autant plus qu’on grandit et que l’adolescence est une période où l’on n’est pas tous les jours motivé à travailler en classe.

 

Certains aspects sont-ils mieux au CO qu’au primaire?

Il y a les niveaux, ce qui nous permet de nous retrouver dans des groupes de même force en cours de maths, français, allemand et sciences et d’avancer au bon rythme. En primaire, ceux qui finissaient avant les autres s’ennuyaient parfois, alors qu’au CO, du moins dans les branches à niveaux, c’est mieux adapté à chacun.

 

Pourtant, malgré cet atout, vous semblez comprendre les raisons qui font que certains décrochent…

Je pense que s’il y a des élèves qui décrochent de l’école, c’est à cause du système scolaire tel qu’il est. L’école obligatoire n’est pas vraiment faite pour ceux qui ont envie d’entrer dans la vie d’adulte très tôt et veulent faire un apprentissage.

 

Faudrait-il faire deux CO différents?

Pas forcément, mais on pourrait un peu adapter l’actuel CO en fonction des élèves plus ou moins scolaires.

 

Selon vous, y a-t-il des branches du programme qui intéressent ou n’intéressent pas la grande majorité des élèves?

Oui. Quand je discute avec mes amis, je constate que beaucoup ne voient par exemple pas à quoi ça leur sert de suivre les cours d’éthique et culture religieuse. Par contre, j’ai l’impression que tout le monde est d’accord pour dire que ce qu’on apprend en français et maths est utile pour toutes les futures orientations professionnelles.

 

Et vous, quelles branches du programme vous plaisent le plus?

J’aime tout particulièrement les maths, les sciences, l’anglais et le sport.

 

Et quelles sont celles que vous n’appréciez pas trop?

Disons que j’aime moins l’allemand, même si je sais que c’est primordial en Suisse.

 

Certaines manières d’enseigner vous conviennent-elles mieux que d’autres? En d’autres termes, quelles sont les qualités d’un bon prof?

Je citerais en exemple mes profs de français de l’année passée et de cette année. Dans leur manière d’enseigner, ils se ressemblent. Tous deux ont de l’humour, un bon contact avec les élèves, ce qui permet d’entrer plus facilement dans la matière. Si l’on a du plaisir, on fait ensuite plus volontiers des efforts pour apprendre.

 

De manière générale, estimez-vous que le plaisir d’apprendre est suffisamment mis en avant?

Non. On nous dit plus qu’on doit apprendre parce qu’il faut réussir et pour réussir on doit avoir de bonnes notes. L’accent est trop mis sur les examens, alors qu’on apprend surtout si l’on est curieux et que l’on a envie d’aller chercher plus loin.

 

Nombre d’enseignants accorderaient volontiers de la place au plaisir d’apprendre, non?

Oui, mais le problème ce ne sont pas les profs, mais le système. Il y a un programme à respecter, aussi il s’agit d’aller vite, et il faut qu’il y ait suffisamment d’examens pour les notes. C’est encore pire en 11CO, avec le diplôme que l’on doit obtenir en fin d’année.

 

Comment s’y prendre pour changer les choses? Y aurait-il des branches à retrancher?

Pour tout le monde et pas seulement pour les élèves en difficulté, ce serait déjà bien de ralentir le rythme. Je ne vois pas trop quelles branches supprimer, car il est essentiel de laisser la partie culturelle, avec la musique, les arts visuels, les AC&M et même l’ECR. J’enlèverais d e le principe des doubles périodes de français et de maths, parce que c’est difficile de se concentrer à la fin de la 2e heure, surtout avant le dîner ou vers 16h. Il y a des moments de la journée où j’ai l’impression d’avoir une meilleure attention et d’apprendre plus rapidement.

 

Le programme est très morcelé, aussi ne devrait-on pas davantage miser sur l’interdisciplinarité, d’autant que dans la vie les savoirs sont reliés?

C’est ce qui se fait à l’école primaire et c’est bien d’apprendre ainsi, mais nous n’avions pas le même horaire à suivre qu’au CO.

 

Dans une interview récente, sans changer les cases du programme, des jeunes suggéraient d’étudier un même thème dans chacun des cours, au moins de temps à autre. Un changement de ce type, impliquant seulement un peu de collaboration entre les enseignants, vous paraîtrait-il pertinent?

Ce serait peut-être pas mal. Il faudrait au moins essayer.

 

Malgré le déjà vaste programme, y aurait-il une branche ou un pan de savoir à ajouter?

Nous devrions avoir du temps à l’école pour aborder ce qui touche à l’actualité. Les élèves devraient pouvoir poser des questions, même s’il faudrait également que les enseignants nous donnent des pistes pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. A mes yeux, il serait primordial de débattre à l’école, sur des sujets pas toujours choisis par les enseignants ou les moyens d’enseignement. Et on devrait pouvoir passer plusieurs cours sur un même débat.

 

N’avez-vous pas le temps pour cela dans les cours de SHS?

Trop rarement, étant donné qu’il y a le programme d’histoire et de géo à terminer.

 

N’avez-vous pas le temps pour cela dans les cours de SHS?

Trop rarement, étant donné qu’il y a le programme d’histoire et de géo à terminer.

 

Avez-vous l’impression que toutes les formes d’intelligence sont valorisées à l’école?

Non, l’école favorise les élèves qui sont bons en maths et en français, et dans une moindre mesure en sciences et en allemand. Le côté artistique et manuel est présent dans la grille horaire mais insuffisamment valorisé. Même si je n’aime pas autant les arts visuels et les AC&M que d’autres branches, j’estime qu’elles font du bien à certains élèves et qu’elles sont donc importantes. Dans un programme, tout ne plaît pas à tout le monde, mais il faut de la variété pour correspondre à toutes les personnalités. L’école est trop axée sur une notion d’utilité directe, alors que ce sont toutes les matières ensemble qui construisent notre culture.

 

Aimeriez-vous une école plus en lien avec la société ou proche de la nature ou davantage numérique et technologique ou encore offrant un espace supplémentaire aux branches culturelles et sportives?

J’intégrerai davantage de sport et de culture, étant donné que c’est probablement ce qui augmenterait le plus le plaisir de tous les élèves d’aller à l’école.

 

Changeriez-vous quelque chose sur le plan de l’ambiance?

Tout irait encore mieux avec une ambiance moins stricte. Faire autre chose que les cours est nécessaire à la vie de l’école. Nous travaillons beaucoup, en classe et à la maison avec les devoirs, aussi il est important de prévoir des projets ou des activités culturelles ou sportives un peu différentes à certains moments de l’année pour apprendre autrement et apprendre à vivre ensemble en société.

 

Pour réfléchir à l’école de demain, serait-il judicieux d’inviter des élèves à la table des discussions?

Absolument, car nous pouvons apporter des idées aussi intéressantes que les adultes. Les enseignants étaient élèves à une autre époque que nous, donc notre point de vue est complémentaire au leur.

Propos recueillis par Nadia Revaz

 


 

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