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2 langues ein Ziehl Radio Troistorrents 2

Enregistrement radio à Troistorrents

 

 

Cette année, le programme «Deux langues – ein Ziel» a dû s’adapter à la crise sanitaire. Une édition virtuelle a été organisée pour permettre aux participants – 2683 élèves de 9CO (1388 élèves de la partie francophone du canton, 266 de la partie germanophone et 1029 du canton de Berne) – d’échanger avec un correspondant de l’autre langue cantonale, alors qu’habituellement, depuis 2008-2009, les élèves séjournent chez leur correspondant et l’accueillent dans leur famille et à l’école. Pour être dans la ligne de cette édition virtuelle, le reportage a suivi le même principe.

Des activités particulières ont été prévues du 20 au 28 mars 2021, semaine durant laquelle les échanges physiques auraient dû avoir lieu. Les écoles avaient carte blanche pour imaginer des activités originales créant du lien à distance, entre correspondants francophones et germanophones.

 

Photo tournage Vouvry

 Tournage d’un film à Vouvry

 

Petit tour d’horizon en quatre projets d’établissement très différents, au CO de Troistorrents, de Vouvry, de Bagnes et de Conthey. Hormis l’échange de lettres, tout le reste du programme a dû être revisité et chaque CO a concocté sa version. La séance avec les parents en présentiel à Sierre ayant été supprimée, les contacts ont été pris autrement, mais les binômes ou trinômes se sont créés. Comme à l’accoutumée, le BEL a soutenu les divers projets, en encourageant les enseignants à s’investir dans cette aventure linguistique différente et en les boostant lorsqu’ils en avaient besoin. Pour les responsables d’échange contactés, quelques formules expérimentées au cours de cette année pas ordinaire pourraient peut-être trouver place dans la version «standard» de l’échange, en utilisant notamment la possibilité de la visioconférence pour les parents qui ne pourraient pas venir à la réunion organisée par le BEL un samedi matin ou en prévoyant des activités en ligne après la semaine de l’échange pour maintenir des liens,etc. A noter que «Deux langues – ein Ziel +», programme pensé dans la continuité de «Deux langues – ein Ziel» pour les 10CO, remportera certainement un plus grand succès l’année scolaire prochaine, sachant que certains jeunes seront impatients de voir «en vrai» leur correspondant, sa famille et son environnement.


 

Patricia Bourgeois Pierre Yves Barth

CO de Troistorrents - Patricia Bourgeois et Pierre-Yves Barth, co-responsables de l’échange

 

Au cœur de l’échange: de la radio, des montages vidéo, des duplex

«L’échange n’étant cette année qu’à distance, en plus de l’objectif linguistique, nous en avons ajouté un autre lié à la technologie, de façon à profiter du Radiobox qui a été mis à notre disposition par la HEP-VS, et de certains outils de «Microsoft 365», explique Pierre-Yves Barth. Déjà avant la semaine particulière, les élèves ont donc fait de la radio ou réalisé des montages vidéo, osant s’exprimer en allemand, même si en 9CO le bagage linguistique est encore très léger. Patricia Bourgeois indique fièrement une autre activité expérimentée: «Nous organisons des duplex avec Berne.» Les deux coordinateurs sont ravis d’avoir eu des collègues convaincus par cette initiative et le soutien de leur direction pour chambouler toute la grille horaire de la semaine pour les élèves de 9CO inscrits à ce programme, avec des cours aussi réorganisés pour ceux ne participant pas à «Deux langues – ein Ziel». «Petit bémol, les Bernois ont conservé leur horaire, mais malgré ce paramètre supplémentaire à gérer, l’essentiel est de créer un lien, même virtuel, pour qu’ensuite les élèves aient envie de se rencontrer», observe Pierre-Yves Barth. Sa collègue relève un point particulièrement réjouissant de cette édition: «En intégrant certains élèves de 10CO qui n’avaient pas pu faire l’échange l’année passée à cause du Covid et ayant parfois l’impression d’être une volée à laquelle toutes les activités extrascolaires ont été ôtées, nous avons vu combien ils étaient heureux d’être associés à ce projet, ayant ainsi l’occasion d’exercer leurs compétences linguistiques dans une situation non fictive, même si virtuelle.» Et l’enseignante poursuit: «C’est touchant de voir la manière dont tous nos élèves prennent le positif de la situation, en mettant du cœur à l’ouvrage, prêts à relever des défis linguistiques de taille.» Pierre-Yves Barth évoque en outre les apprentissages des enseignants à l’occasion d’un tel projet: «Pour exemple, il y a quelques jours, je n’étais pas aussi à l’aise avec Teams.» Et Patricia Bourgeois de poursuivre: «Les enseignants ont également l’occasion de découvrir les élèves sous d’autres facettes, ce qui est un plus au niveau social.» Pour les deux coordinateurs de l’échange, de tels moments, hors du cadre, sont indispensables, afin de pouvoir ensuite avancer plus efficacement dans le programme.

 

Pierre Yves Bruttin

CO de Vouvry - Pierre-Yves Bruttin, responsable de l’échange

 

Au cœur de l’échange: réalisation de deux films relatant des enquêtes policières dans le Haut-Valais

Le CO de Vouvry avait déjà sa recette originale, pour les échanges linguistiques, et dans l’esprit elle a été conservée, tout en s’adaptant à la dimension exclusivement à distance. Pour Pierre-Yves Bruttin, en pouvant compter sur l’équipe habituellement impliquée lors de cet échange, «il était important de créer une dynamique totalement différente pendant la semaine au cours de laquelle l’échange aurait dû avoir lieu et de conserver l’ambiance des ateliers.» Avec ses collègues enseignants de l’OS de Zermatt et celui de Saas, ils ont scénarisé en allemand une amorce pour une énigme policière, en imaginant le vol de la croix du Cervin, avec une déclaration aux allures officielles, et pour l’autre, le vol des trophées et des médailles de Pirmin Zurbriggen, avec un article en apparence tout à fait crédible, histoire de titiller la curiosité des élèves. «L’idée, c’était de trouver quelque chose pour qu’ils mordent à l’hameçon, devant partir d’une situation présentée en allemand, avant des tournages réalisés en français», s’enthousiasme le coordinateur du projet. Le travail s’est fait en deux équipes, réparties chacune dans divers ateliers (scénario, réalisation, montage,etc.) et les films seront envoyés aux élèves germanophones des quatre CO partenaires qui auront alors à faire un exercice de compréhension de l’oral. Du côté du Haut-Valais, l’OS de Rarogne invente des jeux, celui de Loèche des audios,etc. «Créer du lien avec l’autre région linguistique est essentiel, même si cette année cela se fait un peu en arrière-plan avec nos énigmes», analyse Pierre-Yves Bruttin. La semaine se prolongera en avril par des discussions en visio, l’enseignant espérant qu’un moment d’échange pourrait tout de même avoir lieu lors d’une promenade scolaire en juin ou alors plus tard.


 

Sandrine Saillen

CO de Bagnes - Sandrine Saillen, responsable de l’échange

 

Au cœur de l’échange: une recette illustrée en économie familiale, des défis sportifs filmés et des quizz préparés en cours d’allemand pour faire découvrir la région

«Les élèves de nos 8 classes échangent avec des correspondants répartis dans 4 écoles bernoises, ce qui est un peu compliqué à gérer, mais pour le reste il n’y a aucun souci, car enseignants et élèves y mettent beaucoup d’enthousiasme», souligne Sandrine Saillen. Pour la semaine pendant laquelle les échanges réels auraient dû avoir lieu, elle estimait important de faire quelque chose d’un peu inhabituel, et c’est le choix de quelques activités impliquant plusieurs enseignants qui a été retenu. En cours d’économie familiale, les élèves ont par exemple fait un gratin de pâtes, en préparant une recette illustrée en français que leurs camarades germanophones pourront réaliser, car traduire aurait été trop difficile pour des 9CO. En éducation physique, il s’agit de lancer des défis sportifs, avec des images vidéo à l’appui. Les cours d’allemand se font le lieu de l’élaboration de quizz thématiques et régionaux. «Les élèves sont contents de participer à ce projet en mode virtuel, se prennent au jeu et ont vraiment plaisir à présenter leur vie et leur école aux classes bernoises», constate l’enseignante-coordinatrice de l’échange. «Via ces activités en mode virtuel, ils améliorent leurs compétences d’allemand en Sprechen avec les consignes lues pour les défis sportifs, en Lesen avec la lecture des recettes, en Hören avec les quizz des classes bernoises à écouter et en Schreiben avec la correspondance écrite», résume Sandrine Saillen, qui se réjouit toutefois de revivre le programme «Deux langues – ein Ziel», dans son format «normal.»


 

Carine Evequoz

CO de Conthey - Carine Evéquoz, responsable de l’échange

 

Au cœur de l’échange: une vidéo des élèves présentant leur PowerPoint de vie personnelle

Carine Evéquoz décrit ainsi le contexte de ce qui a été mis en place aux CO de Derborence à Conthey: «En raison des consignes sanitaires, nous n’avons pas pu mélanger les classes, dès lors nous avons organisé un projet plus modeste pour que les élèves se présentent et fassent découvrir leur famille, leur hobby, leur animal domestique, leur chambre,etc.» Il s’agissait pour les jeunes de rassembler quelques photos personnelles, de préparer un PowerPoint avant d’être filmés en le présentant, en partie en allemand et en français. Au final, chaque élève a une vidéo à envoyer à son correspondant. «Un tel projet linguistique est utile, car il est une occasion de réviser les chapitres étudiés, en offrant aux élèves une situation idéale pour se présenter à d’autres jeunes qu’ils ne connaissent pas, et dans le même temps il permet de travailler les capacités transversales en intégrant l’informatique», argumente la coordinatrice de l’échange, persuadée des multiples apports de cette initiative. A partir du moment où il a été annoncé que l’échange en présentiel n’aurait pas lieu, elle a toutefois éprouvé un peu de difficulté pour parvenir à motiver ses collègues, a contrario des ados très preneurs de la dimension virtuelle avec les contacts en visio et la présentation filmée. «Participer à un échange linguistique, ce n’est pas seulement une semaine, mais toute l’année, aussi ne rien organiser aurait été frustrant pour la plupart des élèves, d’autant plus qu’ils avaient commencé à s’écrire des lettres et avaient envie de continuer le dialogue», conclut Carine Evéquoz, indiquant que la conversation se poursuivra par le biais de quelques autres activités à distance d’ici le mois de juin.

 

Nadia Revaz


 

Bureau des Echanges Linguistiques

Sandra Schneider, responsable du BEL Pascal Imhof, adjoint du BEL

 

La radio à Troistorrents (extrait)


 

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