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Découvrir les travaux personnels des collégiens de 5e année (peintures, vidéos, installations, haute couture, bande dessinée, photographie…) de l’option spécifique Arts visuels au Lycée-Collège de la Planta, c’est se laisser surprendre par leur créativité, mais aussi lire en filigrane les états d’âme et/ou les aspirations de la jeunesse. Pour cette édition, la classe de Nicole Pacozzi et celle de François Maret amènent de la fraîcheur ainsi qu’un regard décalé ou engagé. Artistiquement, on y lit beaucoup de fantaisie, et sociologiquement, on se remplit d’espérance. Plutôt que des visages masqués au milieu de l’expo, place à huit travaux d’étudiantes ayant accepté de parler de leur démarche.

 

En raison des normes sanitaires, impossible de vous inviter à visiter l’expo in situ, mais pourquoi pas une déambulation en images fragmentées? Et vous pouvez même opter pour la version de l’article en ligne avec davantage d’illustrations, histoire de montrer à vos élèves ce que les étudiants en OS arts visuels réalisent, sans vouloir forcément devenir des artistes… A noter que bien d’autres travaux de cette expo auraient mérité un arrêt sur image.

 

 

1. Les jumeaux, rose et violet

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Laetitia s’est intéressée à la thématique des gémeaux-jumeaux en utilisant le langage des couleurs, avec le rose, le violet et le doré. «Si j’ai choisi de représenter la gémellité, c’est parce que j’aime bien la symbolique de Castor et Pollux dans la mythologie grecque et aussi parce que je suis du signe des Gémeaux», commente l’étudiante. En circulant autour de Violette (Castia) et Rose (Pialla), on perçoit leur complémentarité qui relie mortalité et éternité.


 

2. Bon appétit

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Dans la pub ou sur les réseaux sociaux, l’apparence du plat ne prend-elle pas le dessus sur les ingrédients? Sur une table nappée, des photos encadrées mettent en lumière une nourriture devenant objet d’art et de réflexion. A travers son objectif, Chloé donne à voir des denrées parfois améliorées visuellement avant d’être photographiées et retouchées. «D’un côté on a l’image embellie de la nourriture et de l’autre un gaspillage des aliments les moins beaux», déplore la collégienne.


 

3. Le fruit de votre imagination

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«J’ai décidé de m’intéresser au processus de l’imagination avant la création», commence par dire Elodie. Et d’ajouter: «C’est mon rêve qui traverse un mur noir.» Son travail, à partir d’une esquisse sobre, se compose d’un panneau avec des ailes d’ange blanches, des mains aux doigts dorés et le physalis à la fois enveloppe charnelle et esprit pour la représenter. A côté de son travail en 3D, il y a un autoportrait photographique, au cœur de sa mise en scène ajustée à sa taille.


 

4. Histoires vraies

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Morgan a réalisé une vidéo en trois chapitres autour du harcèlement de rue que subissent les femmes au quotidien. «J’ai entre autres évoqué les questions que se posent les filles sur leur choix de vêtements avant de sortir», souligne l’étudiante. Et elle poursuit: «Je me suis distanciée du documentaire parce que c’est un projet en arts visuels.» Au final, ce sont des histoires vraies, compilées mais scénarisées tout en évitant la dimension trop narrative, de façon à intriguer le spectateur.


5. Femme. s

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Dans son approche articulée en trois toiles et explorant diverses techniques, avec au centre une Vierge noire à l’enfant, et conceptualisée autour de quelques mots, Jade interroge la représentation stéréotypée des femmes dans l’art, car selon elle l’esthétique ne devrait pas autant primer, de façon à laisser davantage de place à la diversité. «J’avais envie de peindre des figures de femmes différentes, en cassant le côté lisse de certains codes», résume Jade.


 

6. Emotions

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Le travail de Lynn se décline autour de quatre émotions, comme une invitation à mieux se connaître. Pourquoi tu es heureux? Pourquoi tu es amoureux? Pourquoi tu es triste? Pourquoi tu as peur? Au centre de chacun des panneaux, un masque pour caricaturer l’émotion, une couleur associée, un miroir pour son reflet… et au départ un bloc de post-it avec un stylo. «Ce sont les étudiants ayant écrit sur les post-it qui ont fait l’œuvre et cela me plaît d’avoir réussi cette dimension collaborative, en rupture avec la perception de l’artiste égoïste»,analyse Lynn. Au final, le spectateur lit les post-it.


 

7. Art is an…

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«Je voulais faire de la marqueterie et en discutant avec mon professeur je me suis aperçue que c’était de l’artisanat et non des arts visuels», raconte Diane qui a donc décidé de reconsidérer les frontières et la hiérarchie entre artisanat et art. La démarche de la collégienne ajoute la touche d’originalité à l’intention. En encadrant son travail de marqueterie, en faisant de même avec les déchets de bois et en intégrant une définition du mot art au même format, l’artisanat devient art, comme le trompe-l’œil de son titre.


 

8. Les lunaires

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Joana aime raconter des histoires en BD. «Peu à l’aise avec les grands formats, j’ai opté pour des feuilles pliées en huit cases, ce qui me permet de produire exactement ce que je veux, ici en épisodes numérotés, sans passer par l’imprimerie», explique-t-elle. Découpez la ligne, pliez la feuille… L’étudiante livre dans l’un des petits fascicules le mode d’emploi de cette technique utilisée par certains bédéistes pour diffuser un échantillon de leur travail. Après l’étape ludique, reste à imaginer le contenu, comme elle…


 

Les étudiantes rencontrées ont apprécié la démarche très personnelle associée à ce travail d’OS d’expression libre. Néanmoins, plusieurs relèvent que s’emparer d’un sujet qui leur plaisait vraiment ne s’est pas fait immédiatement, ayant mesuré combien elles étaient habituées à être aiguillées dans leurs choix. Pour les professeurs d’arts visuels, le défi réside dans l’accompagnement dans des univers artistiques qui ne sont pas forcément les leurs. «Nous sommes là pour accueillir leurs idées et les soutenir, en ne nous laissant pas duper par le côté séducteur de certains projets», relève Nicole Pacozzi. Et François Maret de compléter: «Nous leur apportons des conseils techniques et des outils pour la démarche et la réflexion afin qu’ils puissent aller plus loin dans leur créativité.» «Avec Nicole, nous avons la même vision de ces travaux personnels d’étudiants et nos approches se complètent», observe-t-il encore. Nicole Pacozzi confirme: «Le défi, c’est d’accompagner des projets très divers, et à deux c’est plus facile, car nous pouvons croiser nos regards.» Leur collaboration au LCP ne se conjuguera cependant pas au futur, puisque François Maret arrête l’enseignement (mais rassurons les lecteurs de Résonances, il aura plus de temps pour dessiner).

Nadia Revaz

 

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