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interview CD etudiants 

Christophe Darbellay au milieu des collégiens intervieweurs, devant le Lycée-Collège des Creusets

 

Après plusieurs reports dus à un agenda très chargé et aux impératifs liés au coronavirus, voilà Monsieur le conseiller d’Etat Christophe Darbellay qui arrive pimpant dans le hall de notre cher LCC. Malgré ses 10 minutes de retard et son téléphone à l’oreille, son engouement et sa bonne humeur nous font vite oublier ce manquement au règlement de notre école. Le chemin jusqu’à notre salle de classe est parsemé d’anecdotes et d’échafaudages, le ton est détendu.

 

Au collège, j’étais très dissipé.

 

13h30, l’interview débute:

 

La légende raconte que vous auriez été élu Mister LCC… est-ce vrai?

(Rires) J’étais le premier de l’histoire, oui c’est vrai. Mais ce n’était pas pour mes qualités esthétiques. C’était parce que j’avais imité le recteur du collège, un homme très sévère, un peu ma taille et c’était un type qui était la terreur du collège. Je me baladais sur les tables de l’attique! Ça avait assez bien marché et c’est comme ça que j’ai été élu le premier Mister Collège.

 

Quel est le degré scolaire que vous avez trouvé le plus intéressant?

J’ai détesté le cycle, où certains sont des gamins, d’autres sont des adultes… par contre j’ai adoré l’école primaire. J’avais beaucoup de facilité mais j’étais très dissipé, j’ai dû être très compliqué à gérer pour les profs et mes parents. Mais avant tout j’adorais le prof. Il était vraiment vieille époque. Le type il était chef à l’armée, président du parti, engagé dans le conseil de la banque Raiffeisen, il faisait tout! Et surtout il racontait les meilleures histoires. Chaque vendredi on faisait une sortie dans une forêt, une visite dans un atelier, et il avait une prestance extraordinaire! Il nous a appris des trucs dont je me rappelle encore maintenant. Après, il a presque fallu attendre le poly à Zurich pour que je refasse des super notes. Au collège j’étais assez dissipé – surtout en italien – mais souvent ce ne sont pas les élèves les plus calmes mais ceux avec de la personnalité qui laissent les meilleurs souvenirs. Je regrette quand même de ne pas m’être montré plus assidu en cours!

 

Accordez-vous une grande importance à la lutte contre le harcèlement?

Pour moi, le harcèlement est inacceptable. Je sais de quoi je parle car je l’ai vécu! C’était difficile, les grands s’en prenaient aux petits à la récréation. Heureusement que j’ai grandi! (Rappelons qu’il a dû se baisser pour passer la porte.) Mais on pouvait s’estimer heureux que les réseaux sociaux n’existaient pas encore. Le harcèlement est un sujet qui me tient réellement à cœur car ça peut toucher n’importe qui; bourreau, victime, complice, on ne peut jamais pointer du doigt une seule personne. C’est pourquoi nous avons mis en place un projet de prévention et de lutte contre le harcèlement entre pairs avec la HEP-VS et augmenté la formation des médiateurs scolaires.

 

Nous sommes dans l’ère technologique, pourtant beaucoup de professeurs ont des lacunes en informatique; serait-il envisageable de leur offrir des formations dans ce domaine?

C’est indispensable. Les hautes écoles sont en distanciel depuis une année déjà. Pendant le confinement, les profs comme les élèves, ont dû apprendre très vite. Si l’on avait forcé ce développement, cela aurait pris 5 ans; là ça n’a pris que quelques jours car nous avons dû faire face à l’urgence. Je pense également qu’il y a un grand besoin de formation, car nous ne reviendrons plus jamais à ce qu’il y avait avant le Covid-19. Il y aura dans le futur différentes formes d’enseignement; c’est ce qu’on appelle le «blended learning». La manière d’enseigner change pour les profs, qui ne sont pas de la même génération que vous. Il faudra les former et ce n’est pas qu’une question technique, mais également une question pédagogique et méthodologique!

 

L’enseignement traditionnel profiterait-il d’une plus forte digitalisation?

La digitalisation joue un rôle central dont la prépondérance s’affirme de plus en plus. Il est absolument nécessaire pour les jeunes de maîtriser l’outil informatique. Je me souviens que lorsque j’étais au collège, des cours d’informatique permettaient d’approcher la matière de manière pratique. Aujourd’hui, 35 ans plus tard, nous n’avons pas beaucoup avancé. Il est nécessaire de rompre avec le système académique actuel afin d’offrir une formation ancrée dans le 21e siècle.

 

Vous pensez donc que le collège devrait être plus pratique?

On sait tous que le collège est très théorique… Je me souviens quand j’étais élève c’était un grand débat avec mes professeurs. On me disait de lire Antigone, étudier l’Aufklärung, au final je me demandais en quoi ça pourrait me servir tout ça un jour? Mais à la fin je me suis rendu compte que le collège donne accès à une culture générale et des bases fondamentales très utiles (même la philosophie). Par contre, j’ai toujours revendiqué le contact avec le monde réel. Cela s’est nettement amélioré maintenant comparé à mon époque avec des activités, des sorties et expositions, mais je pense réellement qu’on pourrait faire encore plus!

 

Est-ce que les crucifix ont encore, en 2021, leur place dans nos salles de classe?

Nous sommes dans une société qui possède des racines chrétiennes. Ça ne veut pas dire que c’est l’Eglise qui prend les décisions, mais je pense qu’il y a un certain nombre de valeurs à respecter tout en tenant compte des différentes croyances qui existent au sein des écoles valaisannes. Aujourd’hui, la présence des crucifix revêt plutôt une dimension traditionnelle. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de les enlever. La question se pose pour les nouvelles constructions mais je ne suis pas non plus quelqu’un qui a une position extrême sur ce sujet.

 

Propos recueillis par la classe 5E1a


 

Quiz

 

Choix DEF

 

Latin-grec, l'option de demain ?

 - Non

 

 La remontada du FC Sion faisable ?

 - Non

 

 Matu en 2021, vous y croyez ?

 - Oui


 

«Quand j’étais au collège, j’étais souvent en retard et j’avais trouvé la meilleure excuse à donner aux profs. Je passais au parking des vélos et je me mettais de la graisse des chaînes sur les mains. Comme ça, quand j’arrivais en cours, je pouvais dire que ma chaîne était sortie.»


 

«J’aimais bien faire des bêtises à l’école; une fois j’ai même failli me faire virer du collège. J’avais mis un nid de fourmis dans le tiroir d’un prof et quand il a ouvert… il a eu une belle surprise!»


 

Origine de l’interview

En cette période de pandémie, le Conseil de rédaction de Résonances souhaitait une interview un peu différente du chef du Département, aussi l’idée de laisser des étudiants la mener a surgi. Les élèves de la classe 5E1a du Lycée-Collège des Creusets, via leur professeure de français Laura Deladoëy, par ailleurs membre du Conseil de rédaction, ont accepté de relever ce défi.


 

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