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Francine Casal, cheffe du centre des Collines, et quelques-uns des créateurs du jeu de l’oie des quatre saisons. On joue et on s’exprime.

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Les élèves font découvrir les jeux qu’ils ont imaginé et créé.
Même l’inspecteur Pascal Knubel, à gauche, s’est mué en joueur.

 

«On ne joue pas en assistant à un jeu.» Proverbe baoulé


Au début de l’histoire, il y avait une école primaire, celle des Collines à Sion, qui cherchait un projet de centre pour l’année scolaire 2012-2013… autour du vivre ensemble. Stéphane Germanier, médiateur scolaire des écoles de Sion, a suggéré aux initiateurs l’idée de partir d’une radiographie de l’établissement, de façon à choisir un projet qui soit mobilisateur pour chacune. Au final le thème du jeu fut retenu en raison de la large palette existante à découvrir et des 1001 possibilités pour en créer de nouveaux, mais surtout pour sa dimension sociale et communicative et son côté rassembleur.

A chacune des étapes, l’école a eu la chance de pouvoir bénéficier du soutien et de l’implication de Walter Bucher, collaborateur pédagogique des écoles de Sion dont l’une des tâches est l’accompagnement de projets. Francine Casal, cheffe du centre, Chloé Rossier et Martine Rossier, les deux enseignantes spécialisées qui ont constitué en quelque sorte le noyau du groupe pilote, ainsi que toute l’équipe enseignante réfléchirent alors aux buts visés à travers une telle action au long cours et commune à tous les degrés. Parmi les attentes initiales des enseignants, citons la volonté d’améliorer la collaboration entre élèves, entre collègues, avec les familles, le souhait de développer l’autonomie des enfants face au jeu ainsi que des objectifs en lien avec les domaines du PER.

Apprendre en jouant

Durant l’année scolaire, les enseignants ont assuré l’organisation événementielle, structurelle et pratique et les classes ont oeuvré pour préparer des expositions autour du jeu. Les élèves ont donc beaucoup joué tout en apprenant ou appris tout en jouant. Certains cours ACM ont permis la fabrication de jeux, l’appui a largement intégré les jeux de vocabulaire (via la devinette, la synthèse et le mime par exemple) et ainsi de suite.

Pour exemple, Francine Casal, avec sa classe de 2P, a articulé nombre de cours autour de la thématique. Ensemble ils ont imaginé un jeu de l’oie autour des saisons, dans le cadre d’une activité interdisciplinaire mêlant ACM, production écrite, etc. Ainsi que l’explique l’enseignante-cheffe de centre, «c’est un jeu de l’oie PER-compatible, puisqu’en environnement les élèves ont étudié les saisons avant de fabriquer le jeu et d’en écrire les règles et les questions». Et d’ajouter: «Les enfants ont fonctionné en groupes et ont mené tout un travail de recherche avant de réaliser leur jeu de l’oie». 

Les élèves ont aussi pu vivre des temps exclusivement ludiques, via des aprèsmidi de jeux organisés par degré au Casino de Saxon ou à l’école. A certains moments, les classes ont par ailleurs bénéficié des connaissances d’une animatrice externe. Au final, même les enseignants ont passé des soirées entre collègues à jouer.

Le jeu fêté dans la gaieté


La fête du 28 mai fut l’occasion de mettre en avant toutes les déclinaisons imaginées et réalisées autour du thème. Lors de la cérémonie d’ouverture, après les discours et les explications sur le déroulement de la soirée, près de 300 personnes dont 150 enfants sont entrés dans le bâtiment en passant sous une toile de parachute tendue par les différents acteurs et partenaires de l’école: personnes de l’entretien, enfants des classes de 1re enfantine à la 6e primaire, enfants des classes d’adaptation/adaptation décentralisée, enfants des classes de sourds et malentendants, enseignants, parents, enseignants spécialisés, autorités scolaires, thérapeutes du service médical scolaire.

Au total, il y eut 10 expositions extrêmement variées, allant de la présentation des règles d’anciens jeux à des jeux réalisés aux ACM en passant par une mise en valeur de l’action qui a consisté, à Noël, à envoyer des jeux récoltés par les enfants d’ici aux enfants du Niger. Les jeux collaboratifs ont également été mis en avant dans les divers ateliers proposés, tout comme les jeux psychomoteurs, les jeux d’autrefois (l’élastique, le Pierre noir, la marelle…), les jeux d’ailleurs ou les jeux interculturels. Les maîtres spécialisés ont aussi animé des postes, en proposant des jeux musicaux, des jeux sportifs et  même de la zumba devenue cours de rythmique modernisé. 

Les parents ont participé à l’événement avec enthousiasme et n’ont pas boudé leur plaisir à jouer, voire même à animer des postes pour présenter des jeux de leur pays d’origine. De surcroît, ils ont pu découvrir dans une atmosphère ludique tous les acteurs et bien des aspects de la vie scolaire. L’école s’est transformée le temps d’une soirée en une «fourmilière» selon l’expression de Walter Bucher. Quatre classes ont même vécu la nuit du jeu. La convivialité et la communication furent au rendez-vous. Pour Martine Rossier, enseignante spécialisée et l’une des organisatrices du projet, c’était de plus «une belle occasion de faire découvrir aux enfants des jeux différents de ceux sur les écrans».

Côté bilan, tant Francine Casal que Martine Rossier et Walter Bucher se disent pleinement satisfaits. «L’expérience fut belle», selon la cheffe de l’établissement. «Ce projet a bousculé les habitudes, puisqu’il a fallu convaincre au départ pour se voir en dehors des heures d’école, mais cela en valait la peine au vu du résultat», commente Martine Rossier. Walter Bucher considère que c’est une étape vers de nouvelles aventures: «Les enseignants vont être motivés à renouveler l’expérience du projet de centre, ayant pu s’apercevoir des retombées positives de leur investissement.»

Le centre des Collines a désormais des pistes à partager avec sa banque de données créées autour du jeu. Peutêtre que des idées de troc avec d’autres écoles germeront…

Pour la suite directe du projet, l’école des Collines espère l’installation de jeux extérieurs avec des aires différenciées dans la cour de récréation. Et comme le centre fête bientôt ses 80 ans, tout laisse à penser que ce pourrait être une idée pour démarrer un nouveau projet. Martine Rossier et Walter Bucher commencent à digresser en imaginant des visions d’élèves autour de l’école du passé et de celle du futur… Bref, les idées ne manquent pas pour construire un beau projet à partir des acquis de cette expérience…

 

Nadia Revaz

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