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L’école valaisanne, c’est mon école. Depuis l’usure de mes fonds de culotte et jusqu’à celle de ma retraite (sans qu’elle en soit vraiment une aujourd’hui), j’y suis encore dans cette école… et j’y reste, tant que la lucidité et la motivation me le permettent. J’accompagne, en effet, dans leur cheminement, des élèves, des enseignants, des parents et même des responsables pédagogiques et des directeurs.

 

dos theytaz VS coeur

Histoires d’amour - et parfois de désamour - avec l’école valaisanne

 

Il y a comme un attachement à nul autre pareil à mon école… un peu ressemblant à celui d’un vieux couple dont la fidélité demeure, mais qui se donne la liberté de manifester son humeur, d’exprimer ses critiques, de se plaindre l’un de l’autre… et de s’aimer quand même.

J’aime mon école… lorsque l’enseignant se penche sur moi pour m’expliquer, j’aime le prof qui se fait petit et se met à ma hauteur pour mieux me comprendre quand je n’réussis pas. J’aime l’école… lorsque le maître ou la maîtresse croit que je suis capable d’apprendre, même quand je n’sais pas, que je n’comprends pas, que je vois mal, que j’entends mal et que je rêve. Il me dit alors que ça n’est pas grave, que je suis là pour apprendre et que ça ira de mieux en mieux. Il me rappelle alors comment c’était lorsque j’ai réussi à faire la fiche avec seulement une erreur: je me sens aussitôt tout léger, je souris, mon corps se détend et mon cœur bat comme jamais. Je sens les forces revenir en moi, je commence à croire que je peux être capable: mes pensées, comme une baguette magique, transforment alors mes peurs, mes colères et mes tristesses pour devenir du courage, de la sérénité et de la joie: tout ce qu’il faut pour être en confiance et retrouver l’envie d’apprendre.

 

L’école valaisanne, c’est mon école.

 

Je n’aime pas mon école… lorsque l’enseignant me veut tellement du bien qu’il me fait mal. Il me dit toujours que c’est pour mon bien qu’il me gronde et me fait refaire à la maison les fiches que je n’ai pas pu finir en classe. Ils disent que je suis lent, mais je n’sais pas comment faire et j’aimerais pouvoir compter sur eux, les profs et les parents, pour que ça change… car j’aimerais bien que ça change. Le prof a dit à mes parents que même à mon âge, si je continue comme ça, je vais redoubler et qu’à l’avenir, lorsque je serai grand, ce ne sera pas brillant. Mes parents sont surpris et choqués; ils me regardent comme un enfant qui n’est pas comme les autres. En fait, ils m’aiment toujours et pensent que c’est le prof qui exagère. Ils parlent alors d’une autre école, une école qui ne ferait pas redoubler, qui accompagnerait chaque élève à son rythme. J’ai même entendu qu’ils discutaient avec d’autres parents pour que ça change.

«On ne tire pas sur l’herbe pour la faire pousser.»

J’aime mon école… celle qui a conscience de ses lacunes, de ses manques, de ses erreurs et qui se donne les moyens d’apporter les remédiations qui s’imposent: une école qui pratique une évaluation formative et qui différencie, une école adaptée aux «bons» comme aux «moins bons» élèves, une école de la formation plutôt qu’une école de la sélection. Une école de la réussite… avec exigences, fermeté et bienveillance.

 

Philippe Theytaz

Docteur en sciences de l’éducation, consultant en relations humaines et coach, avec une longue expérience comme enseignant, directeur d’établissement scolaire et chercheur


 

Un souvenir, un projet

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Les écoles de Savièse ont fait un travail autour du portrait et de l’identité pour une exposition

© Résonances, mai 2019

 

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